La duchesse d'Angoulême et la Chapelle expiatoire

Savez-vous qui était la duchesse d'Angoulême ? Fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, aussi appelée Madame Royale, Marie-Thérèse de France est enfermée à la prison du Temple avec sa famille après la prise des Tuileries le 10 août 1792. Elle sera la seule survivante de la famille royale. Découvrez son histoire et ses liens avec la Chapelle expiatoire !

Marie-Thérèse Charlotte de France

Fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Madame Royale est une survivante de la Révolution. Libérée puis exilée en 1795, elle revient en France en 1814 aux côtés de son oncle Louis XVIII qui veut en faire le symbole de la réconciliation des Français. Tandis que Louis XVIII fuit vers l'étranger, elle est la seule de la famille à se dresser face au retour de Napoléon en 1815. Celui-ci dit d’ailleurs d’elle qu'elle est « le seul homme de la famille des Bourbons », à la fois reconnaissance de son courage politique et négation de sa féminité. Sa présence marque durablement la Chapelle expiatoire car elle en finance partiellement la construction et la décoration. Mariée au duc d’Angoulême, fils de Charles X, elle incarne la continuité dynastique jusqu’en 1830.

L'orpheline du Temple

Détenue à la prison du Temple depuis août 1792, la jeune Marie-Thérèse (elle a alors 13 ans) voit ses proches disparaître les uns après les autres. Louis XVI, son père, est guillotiné le 21 janvier 1793. En juillet de la même année, son jeune frère (Louis XVII) est confié à la garde d'un cordonnier, Antoine Simon. Elle est ensuite séparée de sa mère Marie-Antoinette lorsque celle-ci est transférée à la Conciergerie pour être jugée par le Tribunal révolutionnaire en octobre. Enfin, le 10 mai 1794, sa tante, Madame Élisabeth, est guillotinée à son tour. Aux conditions de détention particulièrement difficiles s'ajoute l'isolement. Coupée du monde extérieur, Marie-Thérèse ignore tout des événements et du sort de ses proches.

Après Thermidor

Après Thermidor, Marie-Thérèse est au centre de l'attention notamment des milieux royalistes et contre-révolutionnaires. L'image de la jeune princesse connaît une embellie dans l'opinion publique tandis que ses conditions de détention s'améliorent. On lui accorde désormais une promenade quotidienne dans l'enceinte du Temple. D'anciens fidèles de la famille royale louent un appartement proche pour tenter d'apercevoir la princesse. Un artiste réalise un « portrait au télescope », image reprise et largement diffusée dans les journaux de l'époque. Ils donnent des concerts pour tenter d'adoucir, de loin, le quotidien de la princesse. Se développe également une abondante littérature autour de la figure de Marie-Thérèse « l'orpheline du Temple ».
 

Le premier exil

A l'été 1795, le Directoire, pour qui cet otage devient de plus en plus encombrant, entame des négociations avec l'Autriche pour la libération de Marie-Thérèse. Il est convenu d'échanger la princesse contre des prisonniers Français détenus par l'Autriche. Cet échange doit être discret. Marie-Thérèse quitte Paris de nuit incognito et avec une suite réduite. L'échange à lieu le 26 décembre 1795 près de Bâle. Elle entame alors son premier exil à la Cour de Vienne avant de rejoindre son oncle Louis XVIII à Mittau. En 1799, elle épouse le fils du comte d'Artois, Louis-Antoine devenant duchesse d'Angoulême.

Les Cent jours

Mars 1815, Napoléon exilé sur l'île d'Elbe, débarque à Golfe-Juan. Louis XVIII quitte alors la capitale pour se réfugier à Gand. Le duc et la duchesse d'Angoulême sont alors à Bordeaux. Apprenant la nouvelle, le duc d'Angoulême part prendre le commandement des troupes à Nîmes tandis que la duchesse d'Angoulême se voit confier les pleins pouvoirs afin d'organiser la défense de la ville. Pendant plusieurs semaines, Marie-Thérèse va galvaniser les troupes et la population. Elle fait lever des fonds, passe en revue la garde nationale, elle se montre dans les rues ou en allant au théâtre... et fait placarder une proclamation dans laquelle elle rappelle les soldats à leur serment vis à vis des Bourbons.

"Le seul homme de la famille des Bourbon" 

Agissant en chef d’État, elle sollicite aussi le soutien du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre. Apprenant la fuite du Roi et l'entrée de Napoléon dans Paris, les régiments de la ville passent les uns après les autres à l'ennemi. Bien que son entourage la presse de quitter la ville, la duchesse ne renonce pas. Elle décide de faire le tour des casernes afin de rappeler les troupes à l'ordre, mais il est trop tard. Si les soldats ne lui sont pas personnellement hostiles, leur fidélité est désormais acquise au nouveau maître du pays. Marie-Thérèse reviendra sur cet épisode dans ses mémoires : « Ils étaient tous levés, les armes chargés. J'en fis le tour, puis je fis assembler tous les officiers, sous-officiers et quelques soldats près de moi. [...]J'étais fort animée, je leur parlai fortement, avec feu, comme à des Français […] Ils me reconduisirent en larme en ma voiture mais je n'en pus rien obtenir […] les cris de « vive l’Empereur » partirent de tous côtés »

Le 1er avril 1815, après avoir haranguer une dernière fois la foule, la duchesse d’Angoulême s'embarque pour l'Angleterre juste avant l'entrée dans Bordeaux, des troupes fidèles à Napoléon.

 

 

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