Famille de Gondi

Un air de Florence à la cour de France

Les Gondi sont une importante famille florentine, qui s’illustre dans les domaines de la banque, de la diplomatie ou des charges publiques. Installées en France, deux branches de cette famille de petits gentilshommes sont rapidement devenues influentes sur la scène politique du pays, en intégrant la cour, d’abord dans l’entourage de Catherine, puis dans celui de Marie de Médicis.

À Saint-Cloud, trois membres de la famille se succèdent : Jérôme, Jean-Baptiste II et Jean-François de Gondi. 

Jérôme Gondi , de son nom Girolamo Gondi, né vers 1550 à Valence en Espagne, arrive en France vers 1570. Très vite naturalisé, il exerce d’importantes charges à la cour jusqu’à sa mort en 1604. D’abord écuyer ordinaire de la reine mère Catherine de Médicis, puis gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, il est envoyé en mission pour des négociations diplomatiques et occupe la charge d’introducteur des ambassadeurs, créée en 1585. Sous Henri IV, il est fait chevalier d’honneur de Marie de Médicis.

Jean-Baptiste II de Gondi (20 août 1576-1640), gentilhomme de la chambre, est, à partir de 1605, premier introducteur des ambassadeurs à la cour d’Henry IV, à la suite de son père.

Né en 1584, Jean-François de Gondi devient abbé après avoir fait des études au collège de Tournon. Il succède à son frère Henri de Gondi au poste d’évêque de Paris vers 1616. Le 20 octobre 1622, sur recommandation de Louis XIII, le pape Grégoire XV élève Paris au rang de siège archiépiscopal et il devient le premier archevêque de Paris. Souffrant de la « maladie de la pierre » (lithiase), il meurt le 21 mars 1654, des suites de cette maladie.

Des italiens à Saint-Cloud

C'est en 1577 que Jérôme de Gondi se voit offrir par Catherine de Médicis la petite propriété de l'Hôtel d'Aulnay sur les bords de Seine à Saint-Cloud. Il transforme le vieil hôtel médiéval en résidence d'apparat dans l’esprit de la Renaissance italienne. Inspiré par les paysages de Toscane en Italie, il fait aménager les jardins en terrasses successives surplombant la Seine. Mais Gondi marque surtout son passage à Saint-Cloud par l'aménagement de fontaines et jets d'eaux d'exception.

Touchés par une crise financière, la famille s'approche de la faillite. Jean-Baptiste II est ainsi contraint de vendre une partie de ses biens immobiliers, dont sa résidence de Saint-Cloud. Il cède la propriété à son beau-frère, Jean VII de Bueil, comte de Sancerre, grand échanson de France et chevalier des ordres du Roi.

La « gentille petite maison » de l’archevêque de Paris

En 1625, la propriété revient dans le giron de la famille par le biais de Jean-François de Gondi. Plusieurs visiteurs vantent les merveilles rencontrées dans les jardins. C'est, en particulier une pièce d'eau carrée où se dresse un Neptune "qui fait jaillir l'eau par cinq ouvertures à la hauteur d'une maison". Non loin de là, d'autres fontaines, de fausses perspectives ainsi qu'une réplique du Laocoon. On découvre aussi une grotte ornée de statues et "gentiment formée d'un assemblage de colimaçons marins, de concrétions, de miroirs, d'agate, de verre"…

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