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La Grotte des Combarelles

8 septembre 1901 : découverte de la Grotte des Combarelles !

Située à environ 3 kilomètres du centre des Eyzies, la Grotte des Combarelles est un des hauts lieux de la culture magdalénienne. Elle est datée d’environ 13 000 ans. Elle fut désignée par l’Abbé Breuil comme un des " géants de la Préhistoire ". Son porche d’entrée s’ouvre sur deux couloirs, Combarelles I sur la gauche et Combarelles II sur la droite. A l'étage inférieur de Combarelles I, une troisième zone ornée, Combarelles III.

1. Les découvertes

Fin 19ème siècle - début 20ème, dans le vallon des Combarelles, la famille Berniche habite une maison troglodytique adossée à la falaise. Cette petite ferme est attenante à un porche qui servait d'étable pour abriter le bétail. La Grotte de Combarelles I s'ouvre à gauche de cet abri, l'entrée de Combarelles II se situe à droite.
Le secteur des Eyzies étant un lieu de prédilection pour les fouilleurs depuis la fin du 19ème siècle, Emile Rivière a déjà effectué des recherches archéologiques sous ce porche de 1892 à 1894. Il y a trouvé des vestiges osseux animaux et de nombreux silex.

En 1895, les gravures de la Grotte de La Mouthe (Les Eyzies) sont découvertes.

Le 8 septembre 1901, Jean Pomarel, gendre de M. Berniche, interpelle Denis Peyrony, le Docteur Capitan et l’Abbé Breuil. Il leur signale l’existence de figures gravées dans la cavité, similaires, selon lui, à celles de La Mouthe. Accompagnés de Jean Pomarel, les trois hommes pénètrent dans la grotte à la lueur d’une bougie. Malgré un cheminement délicat, ils découvrent les premières gravures de Combarelles I à environ 120 mètres de l’entrée.
Les premiers relevés sont publiés en 1902 par le Dr Capitan et l’Abbé Breuil. En 1924, avec Denis Peyrony, ils publient un corpus plus complet.
A partir de 1978, une nouvelle étude sera menée par Claude Barrière, puis publiée en 1997.
A partir des années 1980, Monique et Claude Archambeau, qui furent également guides des Combarelles, découvrent de nouvelles gravures, dont une partie sera publiée dans la thèse de Monique Archambeau en 1984 *, et en 1989 dans le livret "Les Combarelles" aux Editions Fanlac.

En 1934, Armand Pomarel, fils de Jean Pomarel, découvre Combarelles II, dont l’accès est plus contraignant. Ce secteur renferme également des représentations animales gravées. Différents auteurs lui ont consacré plusieurs publications : l’Abbé Breuil en 1952, Norbert Aujoulat en 1984, Claude Barrière en 1997. 

A l'étage inférieur de Combarelles I, une nouvelle zone ornée, Combarelles III, est mise au jour en 2005. Ce réseau inédit était colmaté aux 2/3 par de l'argile. Le 10 octobre 2005, Marc Delluc, Damien Laforge et Alban Rousseau accèdent à la partie ornée après avoir désobstrué 20 mètres de galerie argileuse.

 


Porche commun des grottes de Combarelles I, II, III
© Olivier Huard / Centre des monuments nationaux

2. La grotte

Combarelles I :

Grotte-couloir de 242 mètres de long, elle n’est donc que le premier secteur d’un vaste réseau souterrain. Cette galerie a été creusée par une rivière souterraine et l'étage inférieur y est encore actif à certaines périodes de l'année.

Elle renferme un bestiaire finement incisé, quelquefois accompagné de tracés bleutés, vestiges d'anciennes peintures. Chevaux, bisons, mammouths, lions, rennes… y sont représentés, ainsi que des figurations humaines schématiques (une cinquantaine) et des signes géométriques gravés. C'est le cheval qui est le plus présent (1/3 de la totalité des gravures). La plupart des représentations, et c’est une particularité de ce site, sont enchevêtrées.

A l’origine, les parois étaient peintes et gravées. Il y a environ 10 000 ans, le climat est devenu tempéré, la grotte plus humide. Une exsudation des parois a alors lessivé les peintures, dont il reste de très nombreux vestiges.

 

Grotte des Combarelles I, tête d’un cheval (détail d’une figure)
© Olivier Huard / Centre des monuments nationaux

Grotte des Combarelles I, figures féminines schématiques
© Olivier Huard / Centre des monuments nationaux

 

Combarelles II :

S'ouvrant à droite sous le porche, Combarelles II mesure environ 100 mètres et aboutit à proximité de la départementale Les Eyzies-Sarlat. 

La zone ornée y est repérée en 1934 et la trentaine de gravures est située entre 35 et 50 mètres du porche. A noter, l’exceptionnelle gravure d’antilope saïga, remarquablement exécutée et peu représentée dans l’art paléolithique.

Grotte des Combarelles II, tête d’antilope saïga
© Olivier Huard / Centre des monuments nationaux

 

Combarelles III :

Ce troisième secteur orné a été découvert en 2005 à l’extrémité d’un boyau à l’accès très difficile. Afin de pouvoir mener une étude scientifique, cet accès a été aménagé en 2010.

Seize représentations graphiques sont référencées : bison, chevaux, mammouths, cervidés... Il s’agit uniquement de gravures, non superposées.

Situé dans l'étage inférieur de Combarelles I, ce secteur est un des exemples de fréquentation profonde du milieu souterrain par l’homme préhistorique.

Grotte des Combarelles III, renne gravé
© Olivier Huard / Centre des monuments nationaux

 

Grotte des Combarelles III, file des 3 mammouths
© Olivier Huard / Centre des monuments nationaux

3. Protection et conservation du site

Classements et gestion

Combarelles I : 

La vente de la Grotte des Combarelles s’est faite en deux temps : elle a d’abord été achetée par le Docteur Capitan en janvier 1902, puis revendue à l’Etat en décembre 1902.

Le 12 décembre 1902, la Grotte des Combarelles est classée au titre des Monuments Historiques. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1979.

Dès son ouverture au public en 1902, la famille Berniche est chargée de garder la grotte et de la faire visiter. Elle doit veiller à ce que personne ne la détériore et à ce qu’aucune photographie, aucun dessin ou relevé ne soient réalisés sans autorisation préalable. La famille ne perçoit pas de salaire, mais peut accepter les gratifications des visiteurs. L’acte de vente précise que « sont vendus ensemble tous prolongements et ramifications et ceux que de nouvelles recherches ou fouilles pourraient faire découvrir ».

Combarelles II :

Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 24 septembre 1943.

La conservation, la gestion et la présentation au public sont assurées par le Centre des monuments nationaux.

 

Aménagement et mesures conservatoires : 

En 1911, afin de faciliter l’accès du public à la partie ornée de Combarelles I, le sol d’origine est abaissé d'environ 1 mètre sur toute la longueur (les hommes préhistoriques y accédaient à quatre pattes et rampaient à certains endroits).

En 1924, Denis Peyrony alerte l’Etat : la fréquentation importante de la grotte, avec plus de 1000 visiteurs sur l’année, engendre des dégâts : gouttelettes de bougie, noir de fumée se déposent sur les parois et mettent en péril les représentations. Denis Peyrony précise que « des mesures de protection s’imposent si nous voulons conserver à ce « salon des gravures » toute sa beauté et sa valeur artistique ».

Au premier trimestre 1928, des travaux électriques sont financés par un mécène américain, Monsieur Balch. Le sol est également creusé pour permettre un meilleur cheminement. Durant ces travaux, des objets en silex, possiblement utilisés pour effectuer les gravures, et des ossements d’ours sont repérés par Denis Peyrony.  

Par la suite, pour diverses raisons, la grotte subira plusieurs périodes de fermeture au public. De par sa constitution géologique, la grotte est d'ailleurs inondable, donc inaccessible, une partie de l'année, notamment au printemps.

De 1972 à 1975 des travaux sont effectués : mise en place d’un drain, remise en état du réseau électrique. Des rambardes sont également posées pour éviter tout contact avec les parois par frottement.

En 1975, la grotte ainsi réaménagée par la Conservation des Monuments Historiques d’Aquitaine rouvre officiellement au public.

La visite de Combarelles I s’achève devant une grille qui protège l’accès à la partie non aménagée d’une trentaine de mètres. A son extrémité, une centrale climatique enregistre les paramètres conservatoires de l’ensemble de la cavité.

 

Aujourd’hui la Grotte des Combarelles I est ouverte au public avec une fréquentation quotidienne de 42 personnes, réparties sur 6 visites.

Combarelles II est fermée au public. Elle n’est ouverte que très exceptionnellement aux chercheurs. 

Dès la découverte de Combarelles III, il est fait mention de la fragilité de son support argileux, de ses gravures et tracés digitaux, de son accès très difficile et de sa déambulation périlleuse dans la zone ornée. Par ailleurs, un taux de gaz carbonique élevé n’y permet pas un séjour prolongé. Combarelles III n'est donc pas accessible au public.

*  Archambeau Monique, 1984, "Les figurations humaines pariétales périgourdines. Etude d'un cas : Les Combarelles", thèse de Doctorat de 3ème cycle, Université de Provence, ill., multigraphie.

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