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Les tentures de chœur

Les tapisseries jouent un rôle important au Moyen Âge, dans le décor et le confort des demeures, dans l’apparat des cérémonies mais aussi dans la liturgie.

Les tentures de chœur forment un corpus unique. Destinées à orner les chœurs des édifices religieux, elles sont de véritables bandes dessinées tissées qui illustrent le plus souvent les vies des saints auxquels étaient dédicacées les églises.

  

© E. Fonteneau, château d’Angers 

La décollation de saint Protais, détail de la Vie des saints Gervais et Protais

  

Une quarantaine de ces tentures est conservée en France. Elles partagent des caractéristiques et des fonctions communes, parfois des dessins, motifs ou personnages, mais chacune constitue une œuvre unique. Le format et la succession des épisodes sont déterminés par les dispositions du chœur, différentes dans chaque église.

La hauteur des tentures de chœur est souvent réduite (moins de 2 mètres) mais elle tend à augmenter au XVIe siècle jusqu’à atteindre parfois 5 mètres. Leur longueur, qui peut aller jusqu’à 60 mètres, est déterminée par les dimensions des stalles, ces sièges à haut dossier eux-mêmes aménagés en fonction de la taille du chœur et du nombre d’ecclésiastiques.

  

 Les tapisseries de chœur de l’abbatiale de la Chaise-Dieu, carte postale ancienne, coll. part.

Les tentures étaient accrochées dans le chœur liturgique des églises, qui était séparé de la nef où prenaient place les fidèles par un jubé, clôture de pierre ou de bois. Elles participaient ainsi à la création d’un espace architecturé et clos, sanctuaire de l’édifice, réservé aux religieux. La Vie de la Vierge et du Christ était ainsi autrefois tendue dans le chœur de l’abbaye de la Chaise-Dieu.
 

Ces tapisseries de laine et de soie, aux dimensions monumentales et aux coûts de fabrication faramineux, sont d’une très grande qualité artistique. Leur préciosité est encore renforcée par le fait qu’elles n’étaient visibles qu’à certaines périodes et du seul clergé.

Elles sont offertes par de riches commanditaires, civils ou religieux. Dans ce dernier cas, le portrait du donateur ou la mention de son don sur la tenture peut être placé juste au-dessus du siège qu’il occupe dans le chœur. Les donations relatives aux tentures pouvaient spécifier les emplacements et les périodes d’accrochage, ou encore inclure des ressources financières pour payer les manipulations et les coffres où elles étaient rangées le reste de l’année.

L’apogée de la production de ces œuvres se situe à la fin du XVe et au début du XVIe siècle mais on en fabrique encore au XVIIe siècle, par exemple la Vie de saint Maurille commandée en 1616 pour l’église éponyme d’Angers.

   

La tenture de la Vie des saints Gervais et Protais du trésor de la cathédrale du Mansdans l’exposition, ici dans la galerie du 1er étage.
 
Pour restituer la présentation des tapisseries de chœur, des stalles imprimées ont été ajoutées sous les tapisseries. La tenture de la Vie des saints Gervais et Protais est présentée dans les deux galeries, au 1er et au 2e étage, ce qui atteste de sa très grande dimension.

>Suite de l'exposition : Gauthier de Campes, peintre cartonnier>

<Sommaire de l'exposition>

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