Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine

Le Château de Saint-Cloud : propriété de la Reine !

C'est à l'occasion d'une promenade en calèche aux côtés de son amie, la comtesse, puis duchesse de Polignac, que la reine Marie-Antoinette serait tombée sous le charme du domaine de Saint-Cloud. Après maintes négociations avec le duc d'Orléans, le contrat de vente est ratifié le 20 février 1785 à Versailles. Chose étonnante pour l'époque, Marie-Antoinette fait afficher les règlements de la propriété en son nom "De part la Reine", là où ordinairement le Roi est le seul détenteur des propriétés royales. Elle fait même revêtir sa livrée personnelle aux gardes Suisses des grilles et aux garçons du château, ce qui provoque un mécontentement général au sein de la Cour. Marie-Antoinette eu un temps l'idée de faire démolir le château de Monsieur pour le faire reconstruire à son goût par son architecte attitré, Richard Mique. Faute de budget, elle se contente de le faire agrandir. En revanche, elle refait à grands frais la décoration intérieure du palais et modifie en grande partie la distribution du château.

Saint-Cloud dans le tumulte révolutionnaire.

Durant l'été 1789, la Révolution éclate à Paris. Un grand nombre de biens de l'Église et de la noblesse sont confisqués et intégrés au sein des biens nationaux. Alors que certains palais et châteaux sont vendus, pillés, voir incendiés, le domaine de Saint-Cloud survit aux affres de la Révolution en intégrant la liste civile du Roi, comme résidence d'été officielle de la famille royale au sein de la nouvelle monarchie constitutionnelle.  Le 5 mai 1794, la Convention nationale "décrète que les maisons et jardins de Saint-Cloud [...], ne seront pas vendus, et seront conservés et entretenus aux frais de La République, pour servir aux jouissances du peuple, et former des établissements utiles à l'agriculture et aux arts."

Le 3 juillet 1790, une entrevue secrète est organisée entre Mirabeau et Marie-Antoinette. Le comte de Mirabeau, officiellement partisan des révolutionnaires, entretient une relation épistolaire avec le roi pour le persuader d’accepter une monarchie constitutionnelle. Ne réussissant pas à le convaincre, il se tourne alors vers la reine à qui il demande secrètement audience. Bien que Marie-Antoinette le tienne en partie responsable du chaos ambiant, elle accepte, contre toute attente, de le rencontrer discrètement dans les jardins du Château de Saint-Cloud. On ne connait pas la teneur de cet échange secret, qui ne changera pas le cours des événements.

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